Charles Finney 1792-1875 : figure importante du protestantisme aux États-Unis

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Il était évangéliste et initiateur du deuxième grand réveil américain amenant 500 000 à Jésus-Christ.

Avocat de formation, il achète une Bible à cause  des citations à la loi mosaïque dont font référence ses textes de loi. La Bible l’intéresse et il se rend compte qu’il doit changer s’il veut aller au bon endroit après sa mort. Il se rend compte immédiatement que les plus grands obstacles dans sa vie pour son salut sont l’orgueil et la crainte des hommes. Cette crainte se manifestait par sa honte de lire la Bible et de prier en public. Il se convertit deux ans après le barreau, à genoux dans un boisé. Après sa conversion, il est surpris de ne plus sentir de culpabilité comme avant. Il essaie de se rendre anxieux à cause de son état de pécheur mais la paix qui l’habite surpasse tout.

Après son expérience de conversion il retourna à son bureau et pendant ses dévotions il eut une vision du Seigneur. Il rencontra Christ face à face. Il pleura à chaudes larmes comme un enfant. Après cette vision il reçu ce qu’il appellera lui même: un puissant baptême du St-Esprit. C’est une expérience qu’il n’avait pas cherché et dont il n’avait même jamais entendu parler. Il pleura bruyamment à cause de la joie et de l’amour qu’il ressentit. Il finit par crier: Seigneur je ne peux plus le supporter. Je mourrai si cela continue. Cette expérience fut interrompue par un membre de la chorale qui fut alarmé par le bruit de ses pleurs et supposant qu’il souffrait de douleur cette personne fut confuse lorsque Finney lui répliqua qu’il n’était pas en douleurs mais tellement joyeux qu’il craignait d’en mourrir. En dépit de cette expérience Finney alla se coucher sans l’assurance ferme que ses péchés avaient été pardonnés où qu’il était pleinement accepté par Dieu. Ce fut une nuit sans sommeil. Le lendemain matin lorsque le soleil pénétra dans sa chambre ce fut comme un emblème de la lumière dans son âme. Il recommença à pleurer de joie. À ce moment là il sentit un doux reproche du Seigneur parce qu’il avait douté de sa miséricorde.

A partir de ce moment il n’y eut qu’une pensée qui domina l’esprit de Finney. Il sentit que Dieu voulait qu’il prêche l’Évangile et qu’il devait commencer immédiatement. Lorsqu’un client vint lui rappeler qu’il avait son cas à défendre ce matin là, Finney lui dit que maintenant il défendait la cause de Christ et qu’il devait se chercher quelqu’un d’autre. Celui-ci au lieu de se chercher un autre avocat, (cet homme était un diacre de l’église) régla immédiatement sa cause et se mit immédiatement à prier et à oeuvrer pour le salut des hommes. Finney sortit tout de suite de son bureau pour aller parler de religion avec ses amis et associés. Durant cette journée il parla avec plusieurs personnes et presque tous commencèrent une vie chrétienne active. Pendant la soirée, sans invitation les gens se réunirent pour prier. La maison était pleine mais personne ne semblait vouloir débuter la réunion. Sans qu’on lui demande Finney leur raconta sa conversion. Aussitôt qu’il eut terminé le pasteur confessa qu’il avait péché en limitant la puissance de Dieu et en décourageant le peuple pour qu’ils ne prient pas pour Finney. À partir de ce moment il y eut des réunions à l’église à tous les jours et cela pendant plusieurs semaines. De son côté Finney se dévoua avec succès pour obtenir la conversion des jeunes gens qu’il avait auparavant éloignés du Seigneur.

Un puissant réveil se manifesta dans plusieurs village et Finney prit l’habitude d’aller dans une certaine maison tous les matins pour aller prier. Il persuada aussi un grand nombre de membres de l’église ainsi que leur pasteur de se joindre à lui pour ces dévotions matinales. Lorsqu’ils se relâchaient dans leurs présences à ces réunions Finney faisait le tour de leurs maisons pour les réveiller et leur rappeler leur privilège et leur devoir.

Cependant l’assistance baissa de plus en plus jusqu’à ce qu’un certain matin il n’y ait plus que le pasteur à ses côtés. À ce moment là il eut une autre vision similaire à celle qu’il avait eue auparavant. Il fut saisi par la pensée qu’alors que la nature proclamait haut et fort les louanges de Dieu l’homme quant à lui, objet suprême de son amour, demeurait silencieux. Au même moment une lumière semblait l’entourer comme la clarté du soleil mais provenant de toutes les directions. Finney déclara que cette expérience lui fit connaître la lumière qui a aveuglé Paul sur le chemin de Damas. Il commença alors à pleurer bruyamment à la grande surprise du pasteur à côté de lui qui n’avait pas vu cette lumière. Ce genre d’expérience se répéta fréquemment durant les premières années de sa conversion. Il craignait toujours de les raconter à d’autres parce qu’il ne pouvait pas les décrire adéquatement.

Sa recherche de Dieu était si intense que si quelque chose venait interrompre sa relation intime avec Dieu, il lui était alors impossible de se reposer, d’étudier où d’obtenir quelque satisfaction que ce soit avant de s’être réconcilié avec son maître.
Contrairement à beaucoup d’autres hommes et femmes de Dieu, Finney avait beaucoup de qualités naturelles. Son corps était fort et en santé, ses mouvements étaient gracieux et son apparence inspirait le respect. Sa voix était celle d’un grand orateur. Il aimait la musique et il chantait bien. On se rappelait encore de ses cours de musique après plusieurs années. Il était un excellent cavalier, un chasseur habile, ainsi qu’un marin expérimenté. Son goût pour la littérature était raffiné et peu de gens pouvaient l’égaler dans la lecture des pièces de Shakespeare.

Lorsqu’il fit la demande pour être pasteur presbytérien on lui suggéra d’aller au séminaire. Il refusa toutefois parce qu’il ne voulait pas être soumis à la même éducation que ceux qu’il côtoyait. Puisqu’il ne voyait que peu de fruits dans la vie des pasteurs autours de lui, il ne croyait pas que la même éducation lui ferait du bien. On lui appointa donc deux pasteurs pour superviser ses études personnelles. Il passa ses examens avec succès.

Lorsque le comité presbytérien vota unanimement pour accorder une licence de prédicateur à Finney, c’était beaucoup plus pour des raisons politiques qu’une acceptation personnelle du candidat. Selon les exigences de ce comité il leurs présenta deux sermons écrits. Ceux-ci furent probablement les seuls qu’il écrivit de sa carrière, à une exception près.

Après son ordination, il débute une série de réunions à Evans Mills, ce qui attira plusieurs personnes. Tous s’en réjouissent sauf Finney. À la fin d’une réunion il leur dit qu’il ne prêchera plus dans cette église à moins qu’ils décident d’agir comme des chrétiens et de servir leur Sauveur. Il leur demande de se lever s’ils acceptent. Personne ne se lève. Il les avertit du danger qu’il y a à demeurer dans une telle attitude et qu’il leur prêchera un dernier sermon le lendemain soir. Ils sortent tous avec un air indigné. Il ne reste avec Finney et un diacre baptiste qui ne fait pas partie de cette congrégation. Il dit qu’il est d’accord avec ses méthodes. Ils décident alors de prier et jeûner pour la réunion du lendemain. Cette réunion était rempli de gens qui cherchaient Dieu avec ferveur et un réveil se produisit dans la ville.

On demanda à Finney de prêcher dans un autre secteur qui était reconnu pour son abondance de péchés. En toute innocence, Finney prêcha sur la destruction de Sodome et de la sortie de Lot de cette ville. Ce qu’il ne savait pas, c’est que les gens de la région surnommaient cette ville Sodome à cause de son état spirituel et l’on appelait Lot un homme pieux de cette ville. Pendant la lecture et la description du texte en question, la rage montait au coeur de plusieurs. Finney plaida alors avec eux pour qu’ils se repentent et une profonde conviction tomba sur tous ceux qui étaient présents. Avant même que Finney ait fini de parler, la majorité étaient à genoux et imploraient Dieu de les pardonner. Ce ne fut pas seulement un sursaut d’émotions car toute la ville en ressentie l’impact. Cinquante ans plus tard, l’église de ce village était encore forte et en santé.

Un jeune homme qui fut converti dans cette fameuse réunion raconte qu’en dépit des textes qui semblaient durs lorsque Finney prêchait, son attitude était pleine d’amour et de compassion pour ses auditeurs. Celui-ci devint prédicateur et trente ans plus tard il témoignait que Finney avait encore exactement la même attitude.

Peu de temps après ces événements, Finney se maria à Lydia Andrews. Celle-ci avait prié pour sa conversion durant sa période de rébellion. Il retourna prêcher à l’extérieur laissant Lydia dans sa ville natale et espérant la faire venir au bout de quelques jours. Toutefois on le demandait partout et en accord avec Lydia, elle ne put le rejoindre que plusieurs mois plus tard.

Pendant les réveils dans ces villes qu’il avait visitées, Finney subit beaucoup d’opposition de la part des gens de la ville de Gouverneur. Notre évangéliste reçut une révélation au sujet de cette ville pendant un temps de prière. Il déclara qu’il devait y aller pour prêcher car Dieu ferait un réveil parmi eux. Tout portait à croire le contraire mais c’est quand même ce qui arriva.

Ce fut à partir du réveil de la ville de Gouverneur que l’on commença à parler d’un pasteur presbytérien que l’on appelait le père Nash. Celui-ci était avancé en âge et il avait le désir de prier pour le ministère de Finney. Il le devançait dans les villes et priait pour les gens. On le critiquait car ses prières s’entendaient de loin peu importe où il priait. Un jour, un opposant au réveil l’entendit prier de loin et même s’il ne distinguait pas les paroles il présuma que les prières étaient à son intention. Cette idée lui fit une grande impression et il se convertit.

Lorsque Finney a commenté plus tard ces réveils, il a mis beaucoup d’emphase sur le fait que les gens changeaient radicalement. Les nouveaux convertis passaient beaucoup de temps dans la prière et les rencontres sociales se transformaient en réunions de prière. Finney lui-même devait constamment garder l’esprit de prière dans son coeur car s’il en déviait pendant une heure il perdait le pouvoir persuasif qu’il avait sur les gens.

De 1824-1832, ce sera ses ‘neuf années de puissance’ où Finney conduisit des rencontres de réveil dans neuf villes de l’Est des États-Unis. Lors de ses réunions à Rochester – New York, il y aura 1200 convertis dont tous les principaux avocats, médecins et hommes d’affaires. Quarante de ces convertis entreront dans le ministère. Ce réveil à Rochester eut pour résultat son expansion dans 1550 autres villes et villages.

Il est intéressant de noter que même parmi ceux qui favorisaient le réveil, il y avait des disputes. Dans un certain cas, des presbytériens critiquaient des méthodistes parce qu’ils tombaient sur le sol et y demeuraient sans bouger assez longtemps. Les méthodistes quant à eux critiquaient les presbytériens car leurs critiques semblaient opposer le réveil. Peu de temps après cette dispute un des membres influents des presbytériens tomba à son tour, suivi de plusieurs autres cas. De façon surprenante toutefois, ce n’étaient que des presbytériens qui tombaient cette fois-ci. Durant sa dernière réunion dans cette ville, un de ceux-ci témoigna de la joie qu’il avait ressentie dans cet état humiliant. A ce moment toute la congrégation fondit en pleurs. Finney arrêta de prêcher et contempla le salut de Dieu parmi les gens présents durant toute l’après-midi.

Les disputes ne se limitaient pas aux partisans du réveil et plusieurs essayaient de revenir « à la normale ». Un sérieux point de litige était les émotions manifestées lors des prédications de Finney. Bien que celui-ci essayait de les contrôler d’une certaine façon, les réactions étaient imprévisibles. En voici un exemple. Un pasteur fit venir Finney pour tenir des réunions dans sa ville. Il rassembla les membres le plus intelligents et influents. Pendant la réunion, Finney se rendit compte que les émotions étaient devenues si intenses qu’il était possible qu’un éclatement incontrôlable se produise et Finney était déterminé à l’éviter. Il leur parla donc de manière aussi calme et paisible que possible, sans excès ni passion. Il termina la réunion en les exhortant à rester silencieux et à restreindre leurs émotions. A ce moment un jeune homme s’évanouit et Finney fit ouvrir les portes et les expulsa dehors. Malgré cela, ceux qui étaient convaincus de péchés pleuraient bruyamment et on entendait cris. Le lendemain et pendant plusieurs jours on lui demanda de renconter les gens chez eux pour les conduire à la repentance.

L’onction de persuasion qui le suivait se manifestait même avant qu’il prêche. Lorsqu’il visita un certaine usine, son entrée dans le bâtiment provaqua une agitation chez les ouvriers et plusieurs éclatèrent en sanglots. Le propriétaire, lui-même un inconverti, arrêta toutes les opérations, et fit tenir un service religieux pour tous les employés. Après quelques jours, presque tous furent convertis.

Malgré ces signes évidents de l’oeuvre de Dieu, l’opposition continua et augmenta. Un certain groupe se sépara de leur église pour en fonder une autre parce qu’ils n’aimaient pas le réveil. Finney en fut grandement troublé et il passa beaucoup de temps dans la prière. Dieu finit par l’assurer qu’Il serait avec lui et qu’il le soutiendrait. Ceci lui donna une paix et une confiance inébranlable. Ce fut la dernière fois qu’il s’inquièta à cause de l’opposition. Éventuellement après plusieurs années, ce même groupe demanda à Finney de leur prêcher la repentance et ils se convertirent tous sauf un. Il y eut auusi des pasteurs très influents qui s’opposèrent à lui mais ce fut à cause de rumeurs non fondées. Plus tard ils se joignirent à sa cause et devinrent eux aussi connus pour les réveils qu’ils provoquaient.

Après un dizaine d’années de réveil et d’évangélisation, la santé de Finney était défaillante. C’est alors qu’on lui offrit un poste d’enseignant de théologie au nouveau collège Oberlin. Il était déjà pasteur d’une église à New York à cause de sa santé. Ce collège était innovateur parce qu’il acceptait des étudiants noirs. Le débat sur l’esclavagisme était très fervent à ce moment dans cette région. Tous ses élèves l’appréciait et le respectait. Son humilité faisait en sorte qu’il reconnaissait ses erreurs devant tous. Lorsqu’il leur parlait de l’expiation, tous pleuraient, comme dans les réveils.

DOCTRINE :
Personne ne peut vivre les expériences de Finney sans recevoir aussi l’onction qui l’accompagnait. Toutefois la doctrine qu’il prêchait et qu’il vivait sont des parties intégrantes de son oeuvre que l’on ne peut pas négliger.

Voici les trois pilliers qui formaient la fondation du ministère de Charles Finney :

REPENTANCE JUSTICE PUISSANCE POUR ÉVANGÉLISER :

Nous avons vu que dès le début, Finney était conscient de son état de pécheur. Il lutta longtemps par ses forces. Lorsqu’il fut complètement désespéré il cria et implora le Seigneur de le délivrer. C’est à ce moment que Dieu lui accorda la repentance et la délivrance. A cause de cette expérience et de son arrière-plan religieux, Finney ne croyait pas à un « appel au salut ». Le fait d’appeler à la repentance était vraiment innovateur à cette époque parmi cette dénomination. L’attitude théologique générale était que l’homme devait attendre que la grâce de Dieu lui accorde la repentance. En attendant la personne n’avait qu’à entretenir le désir par ses lectures, l’église, ses fréquentations, etc.

Finney bouscula tout çà en décrivant la perdition des pécheurs, l’amour de Dieu et le besoin de repentance. Au début il envoyait les gens désireux de se repentir dans une salle à part et il leur parlait individuellement. Plus tard, il les fit venir dans des bancs désignés ou les faisait lever. Ce n’était que le début du processus. Il faut noter que la plupart de ces gens allaient régulièrement à l’église sans avoir changer leurs habitudes. Certains étaient très pieux mais ne s’étaient jamais repentis.

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